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La Bombe, l’histoire vraie de la bombe atomique

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La Bombe d’Alcante, Bollée et Rodier revient sur l’histoire vraie de la première bombe atomique larguée sur Hiroshima le 6 août 1945. C’est l’avènement d’une nouvelle arme de destruction massive, encore brandie aujourd’hui comme la menace ultime.

« Pouvons-nous imaginer ce qu’Hitler ferait avec la bombe ? Le seul moyen de l’empêcher de l’utiliser, c’est que les États-Unis aient également leur propre bombe ! » (Léo Szilard). Tel est la trame principale du roman graphique La Bombe : mettre au point une arme d’un nouveau genre, une arme qui fera toute la différence dans le conflit qui s’annonce.

La Bombe
La Bombe- Crédit photo : Glénat.

Uranium et réaction en chaîne

En 1933, Léo Szilard, professeur de chimie à la Friedrich-Wilhelms-Universität, décide de partir pour Londres, face à la montée du nazisme. C’est alors qu’à un croisement de feux tricolores, il a la vision de la réaction en chaîne qui pourrait faire émerger un nouveau type d’arme : la bombe atomique. Quelques années plus tard, Enrico Fermi reçoit le Prix Nobel de Physique en 1938. Tout s’accélère en 1939 : en février les deux hommes se rencontrent. Léo Szilard lui propose de travailler à une nouvelle expérience qui mettra à jour la réaction en chaîne. Pour cela, il compte utiliser l’uranium. C’est chose faite le 3 mars 1939. Quelques jours plus tard, le 16 mars, les troupes allemandes marchent sur La Bohème et la Moravie. Au même instant, Hitler s’empare de la plus grande mine d’uranium d’Europe. Il projette lui aussi de mettre au point le même genre d’arme destructrice. La réaction en chaîne établit, Léo Szilard sait qu’il ne peut plus reculer. En compagnie d’Enrico Fermi, ils se rendent chez Albert Einstein. « Je peux l’imaginer, oui ! Un neutron pénètre un noyau d’uranium, qui se fissionne, ce qui libère une énorme énergie, comme ma formule E = MC² l’indique. » L’heure est donc grave puisque les Français avec Joliot et les Allemands avec Hahn et Strassman sont arrivés aux mêmes conclusions. Dès lors, la course à la bombe atomique est lancée, puisque le 1er septembre 1939 l’Allemagne envahit la Pologne. Le même jour, la Wehrmacht prend le contrôle des recherches sur le nucléaire en Allemagne. Deux semaines plus tard, le « Club de l’uranium » prend en charge le projet de bombe atomique allemande. L’équipe allemande compte parmi ses illustres scientifiques, Werner Heisenberg, physicien à l’université de Leipzig et Prix Nobel de Physique en 1932. Ils prennent la décision de construire la bombe basée sur la fission nucléaire.

La course à la bombe atomique va entraîner bien des sacrifices. Ebb Cade, modeste ouvrier sur le chantier d’Oak Ridge, reçoit la première injection de plutonium à son insu, de manière à en étudier les effets sur le corps humain. Klaus Fuchs, l’espion russe démasqué après la guerre, aura permis à l’URSS de gagner deux ans dans son programme nucléaire. Werner Heisenberg, le leader atomique allemand aura peut-être contribué à freiner la fabrication de la bombe atomique, qui lui inspira un sentiment d’horreur.

Le 6 août 1945, Big Boy est largué sur Hiroshima. Trois jours plus tard, le 9 août 1945, c’est au tour de Fat Man. Le largage de l’engin au plutonium 239 devait avoir lieu sur Kokura mais les mauvaises conditions climatiques lui font préférer Nagasaki. Les deux bombes continueront de faire des milliers de morts bien des années plus tard. Les survivants, appelés « Hibakushas » seront rejetés, stigmatisés, discriminés et ne bénéficieront d’aucune aide. Le Japon se souvient encore aujourd’hui de la tragédie.

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