En janvier 2025 le premier tome d’une trilogie répondant au nom de Shin Zero voit le jour. Avec Mathieu Bablet au scénario et Guillaume Singelin au dessin, Shin Zero donne un nouvel élan aux séries Sentai qui ont marqué les années 80 – 90. Ses héros sont les dignes héritiers de Bioman et Power Rangers.
Pour payer leurs études ou juste pour payer leur loyer, Satoshi, Nikki, Héloïse, Warren et Sofia sont Sentai. N’allez pas croire qu’ils combattent des monstres venus tout droit de l’espace ou qu’ils pilotent un gigantesque robot. Non, il ne font rien de tout ça. Leurs missions sont mêmes banales : vigile dans un supermarché, arrêter une bande de malfrats. Comble du spectacle, ils sont notés tels des livreurs uber. La question est de savoir si Shin Zero se résume à « une chronique de jeunes losers dans un monde de héros ubérisés ».

Où sont passés les Kaiju ?
Voilà bien des années que les Kaiju, ces monstres venus d’ailleurs n’ont pas pointé le bout de leur nez. À l’époque de la grand-mère de Nikki, c’était tous les ans que l’un d’entre eux venait terroriser la population. « Il faut comprendre qu’à cette époque, tout le monde vivait avec la peur au ventre […] Ce dont je me souviens, c’est qu’à un certain moment, notre gouvernement a pensé que les Kaiju étaient en fait envoyés par une puissance étrangère en vue de destabiliser notre pays. »
Warren, l’anti-héros
Fils d’un Sentai, Warren s’engage un peu sur un coup de tête pour suivre sa copine de classe Héloïse, dont il est secrètement amoureux. « Héloïse, s’est inscrite. Ça va être son job étudiant à la fac. » Tout au long du premier tome, pour qui sait lire entre les lignes, on perçoit que Warren ne croit pas à l’importance de sa mission. Il faut dire qu’assurer des missions de vigile dans un supermarché ou s’occuper d’arrêter des bandits n’a rien de glorieux, surtout si c’est pour se récolter deux étoiles comme n’importe quel livreur uber… Satoshi, de son côté prend très au sérieux son rôle de Sentai. Bien décidé à percer le secret de la mystérieuse disparition des Kaiju, il entraîne malgré eux ses camarades dans l’ancienne station de Red Striker. Warren y voit alors l’occasion de le mettre sur la touche. Sa perfidie se révèle au grand jour quand il décide de faire bande à part lors de l’assaut surprise d’un vieillard géant qui terrorise la ville. Son exploit lui vaut tous les honneurs au grand dam des autres de la bande.
Un hommage aux séries de notre enfance
Shin Zero s’inscrit dans la lignée des séries des Bioman ou autres Power Rangers. La couleur des uniformes de chacun est une premier signe de l’héritage. Le tokusatsu est né avec le film Godzilla, créé en 1954 pour imiter le film King Kong. « Les sentai sont des escadrons de combat en lycra coloré qui viennent combattre des gros monstres en latex. Les figures héroïques n’existent plus ou ne vont pas dans la bonne direction. Nous sommes en manque de sens ou de repères dans un monde extrêmement compliqué. Nous voulions confronter ça une forme d’héroïsme un peu plus pop via les sentai, c’était le concept de base. »(*) Pour les auteurs, l’idée est de commencer en 2008 avec des gens qui ont vingt ans et de faire un bon à chaque tome pour finir avec les gens qui ont vingt ans aujourd’hui de manière à voir la la différence entre chaque génération.
(*) Certaines citations sont tirées de l’interview de Mathieu Bablet et Guillaume Singelin sur Radio Nova.