Dans l’antre du Bouc de Reignac

Le Petit Reporteur ‱ Culture ‱ ‱ 22h00

SituĂ©e dans le PĂ©rigord noir en Dordogne, la maison-forte de Reignac abritait un hĂŽte aux mƓurs Ă©tranges.

Jaquemet de Reignac, dit le Bouc de Reignac, le seigneur des lieux, prenait un malin plaisir Ă  faire souffrir d'innocentes victimes dans sa salle de torture aux instruments plus atroces les uns les autres.

Les murs ont abrité un monstre

SituĂ© en Dorgogne, en PĂ©rigord noir, la maison-forte de Reignac est le dernier chĂąteau-falaise encore debout en France aujourd'hui. SituĂ©e dans la vallĂ©e de la VĂ©zĂšre, elle est, au dĂ©but du XIIe siĂšcle, le théùtre de meurtres sanglants et d'actes violents. La demeure a abritĂ© derriĂšre ses murs Jaquemet de Reignac, Ă  qui les autoritĂ©s ont fait appel pour arrĂȘter cette vague de terreur. Mais trĂšs vite, le mystĂšre se dissipe. Celui qu'on surnomme le Bouc de Reignac, en raison de son appĂ©tit sexuel et d'un pacte conclu avec le diable, apparaĂźt comme l'instigateur de ces mĂ©faits.

Une salle de torture

La maison-forte de Reignac renfermait dans ses entrailles une salle de torture. Ici se trouvaient diffĂ©rents instruments. Parmi eux, le berceau de Judas, oĂč la malheureuse victime Ă©tait assise sur la pointe de la pyramide situĂ©e au sommet de l'instrument. Sous l'effet du poids de la victime, la pointe s'enfonçait plus profondĂ©ment dans l'anus, le vagin, sous les testicules ou la base de la colonne vertĂ©brale du suppliciĂ©. Le brise-crĂąne, une sorte de casque hĂ©rissĂ© d'aiguillons, entamait les chairs Ă  mesure que le bourreau resserrait la vis placĂ©e en son sommet, allant jusqu'Ă  dĂ©tacher la calotte crĂąnienne. La vierge de fer, un classique, Ă©tait une sorte de sarcophage prĂ©sentant des pointes Ă  l'intĂ©rieur. À mesure que le bourreau refermait le sarcophage, la victime se voyait transpercĂ©e plus profondĂ©ment dans ses chairs.

La maison-forte du Bouc de Reignac
La maison-forte de Reignac - Crédit photo : Ostill.

La chaise de l'inquisition, quant Ă  elle, prĂ©sentait des aiguillons de part et d'autre sur lesquels les membres reposaient. L'affaissement du corps faisait pĂ©nĂ©trer les aiguillons plus profondĂ©ment. Le bourreau, s'il Ă©tait plus cruel, pouvait augmenter le supplice en donnant des coups sur les membres. Le chevalet Ă©tait une sorte de cheval d'arçon, dont l'assise s'apparentait davantage Ă  une arrĂȘte inconfortable et coupante qu'Ă  une monture classique et confortable. Le bourreau disposait des poids au pieds des victimes. Sous l'effet de la gravitĂ©, les poids tirait les membres vers le bas. La victime dĂ©cĂ©dait ainsi dans d'affreuses souffrances. Dans le presse-tĂȘte la tĂȘte du condamnĂ© Ă©tait placĂ©e sous un capuchon, le menton au-dessus d'une barre infĂ©rieur. Le bourreau actionnait alors lentement la vis placĂ©e au-dessus du dispositif de maniĂšre Ă  Ă©craser peu Ă  peu la tĂȘte de la victime. Quant au suppliciĂ© installĂ© sur le siĂšge de putrĂ©faction, il se voyait attribuer une mort trĂšs lente. Les corps en putrĂ©faction n'Ă©taient pas toujours enlevĂ©s lorsqu'une nouvelle victime prenait place.

En voyant les diffĂ©rents appareils de torture disposĂ©s dans cette salle Ă©trange, le visiteur comprend que Jaquemet de Reignac prenait un malin plaisir Ă  faire souffrir ses victimes. Ce n'est que tardivement que les autoritĂ©s comprennent que le Bouc de Reignac est l'instigateur de cette vague de terreur. Il s'enfuit et part en Sicile, non sans tuer auparavant un ecclĂ©siastique de haut rang. Une ultime provocation ! La raison en Ă©tait simple. Sa mĂšre avait Ă©tĂ© violĂ©e par un prĂȘtre. Jaquemet, nĂ© de cette terrible union, avait Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans la haine de la religion. AprĂšs son dĂ©part, la vallĂ©e redevient paisible.

Visiter la maison forte de Reignac, c'est dĂ©couvrir le dernier chĂąteau-falaise encore debout en France. Mais c'est aussi partir sur les traces du Bouc de Reignac, ce seigneur aux mƓurs Ă©tranges. NĂ© du viol de sa mĂšre par un ecclĂ©siastique, il avait Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans la haine de la religion et de ses reprĂ©sentants.

Plus d'informations sur le site de l'office de tourisme Lascaux-Dordogne.