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Céline Gandner explique la transidentité à travers son roman graphique

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Avec son premier roman graphique Je suis Sofia, Céline Gandner aborde la transidentité. Elle choisit de s’inspirer d’un épisode de sa vie. Le Petit Reporteur l’a interviewée.

« Un album qui aborde la question du genre et met en valeur le soutien indéfectible de la famille » (Céline Gandner)

Céline Gandner - Je suis Sofia
Céline Gandner au festival Quai des Bulles de Saint-Malo. Crédit photo : Céline Gandner.

Qui êtes-vous Céline Gandner ?

« Je suis scénariste de roman graphique depuis presque trois ans après une longue carrière dans l’audiovisuel ! J’étais en charge des documentaires art & culture puis société/investigation sur France 5 pendant vingt-et-un ans. Des années passionnantes au service du documentaire avec ce prisme du temps long, de l’analyse et du soin porté à l’image. L’envie de renouvellement s’est imposée sans idée précise de reconversion. La vie étant bien faite, c’est mon aventure personnelle et solo dédiée à la PMA* qui m’a propulsée vers la BD !  L’écriture spontanée de cette aventure a trouvé une légitimité en BD. J’ai écrit Je suis Sofia dans la foulée, en 2019. »

Pourquoi avoir choisi de parler de transidentité ? Vous êtes-vous inspirée d’une histoire vraie et pourquoi ce choix ?

« Rien n’était prémédité. Je terminais l’écriture de PMA et j’ai eu envie de rendre visite à ma famille “d’adoption” ; j’ai été fille au paire à Rome en 1995 dans une famille avec deux petits garçons. Nous avons toujours conservé des liens sans forcément nous revoir tous. Je voyais régulièrement la maman sur des festivals audiovisuels. J’avais donc un suivi, de loin. C’est ma dernière visite en 2016 qui a été déterminante. Le temps d’un week-end, j’ai rencontré Sofia… alors que je pensais retrouver Eduardo 21 ans après… Je ne le savais pas. Sofia venait de faire son coming out et démarrer les traitements. J’ai été très touchée par Sofia, notre connivence inchangée et sa jolie personne. Durant ce week-end, j’ai senti son besoin de me parler, de se confier. J’étais très heureuse de partager ces moments intenses avec elle. Des moments de bascule dans une vie qui nécessitent bienveillance et attention. À cette époque, on ne parlait pas de transidentité comme aujourd’hui. À ce moment-là, je travaillais toujours à France 5. En France aussi, le sujet était rare et je devais d’ailleurs l’expliquer à mes amis proches pourtant bien informés. Trois ans plus tard, j’ai souhaité rendre visite à Sofia car elle revenait de son opération en Thaïlande. Une grande étape. C’est lors de ce séjour que l’envie de relater son histoire m’est apparue. D’abord en suggérant à Sofia de l’écrire elle-même ; elle m’a immédiatement invitée à le faire en BD pour avoir l’impact des images. Dès ce moment, j’ai commencé à consigner tous les soirs nos échanges en italien !! Une belle révision de mon italien ! De retour à Paris, je l’ai écrit d’un jet. À aucun moment je ne me prédestinais à écrire sur ce sujet. Mais je réalise que je ne peux écrire qu’avec mon coeur dans la perspective de faire partager, de transmettre, pour participer à un potentiel éveil des consciences. J’ai vécu le temps d’un séjour le bouleversement à vie d’une famille qui va vivre cette étape de vie intime si imprévue et imprévisible. Beaucoup de lecteurs me disent avoir vraiment compris maintenant ce qu’était que la transidentité. Celle qui ne répond ni à un effet de mode ni à un malaise temporaire de vie mais à une vraie démarche profonde et douloureuse. »

« Faire bouger les lignes sur nos idées établies, voilà aussi ce qui m’anime lorsque j’écris. Sans être dogmatique j’espère !! Ouvrir les consciences ? »

Comment s’est déroulée l’élaboration du roman graphique ?

« Très simplememnt. Je suis revenue de Rome avec mes notes sur nos échanges. Le scénario s’est alors imposé de lui-même très vite. Je suis retournée un week-end à Rome pour le lire à Sofia et identifier des passages gênants ou inutiles. Sa maman l’a relu. Maël le dessinateur est ensuite entré dans l’aventure avec joie ! Nous avons partagé la même approche : pas voyeuriste ni sensationnelle. Je crois que l’histoire l’a aussi beaucoup touché. Et grâce à Ariane Geffart, agent littéraire, nous avons signé chez Hachette Marabulles.« 

Quelle est la réception du public à ce jour ?

« Les familles sont a priori touchées. Je suis Sofia met aussi sa focale sur l’accompagnement des parents et leur traversée émotionnelle. Par ailleurs, à ma grande surprise, ce roman graphique que je destinais aux adultes trouve un grand écho auprès des jeunes ! Il a trouvé sa place en bibliothèque et au regard des chiffres, il ne reste pas en rayon !! J’en suis ravie car acheter un livre est un coût et cet accès en bibliothèque sur un tel sujet est recommandé ! La sortie ce mois-ci de PMA, à la recherche d’une petite âme chez Delcourt vient réveiller Je suis Sofia sorti l’an dernier, et c’est bien heureux !!! »

Prochain roman graphique : Ma part inconnue qui donne la parole à la première génération d’enfants PMA en France !! Céline Gandner rappelle qu’elle cherche encore un éditeur pour ce nouvel album à paraître. Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram.

*PMA : procréation médicale assistée.

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