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À la découverte des urgences du CHU de Poitiers

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Comment se déroule la prise en charge des urgences du CHU de Poitiers ? C’est ce que Le Petit Reporteur est allé demander au docteur Henri Delelis-Fanien, directeur médical du SAMU 86 et du centre 15. Visite guidée du service et de ses missions.

« En cas de problème, le réflexe, ce sont les urgences. C’est pourquoi le Service d’Accès aux Soins a pour objectif premier de protéger les urgences et de les remettre dans leur mission propre : les vraies urgences. » Le service est là pour répondre à toutes les problématiques de santé 24/24h.

Le Service d’Accès aux Soins prend la forme d’une plateforme de régulation commune qui répond aux besoins en soins non programmés, urgents ou non-urgents, de la population 24h/24 et 7j/7. Le service est là pour faire face à toutes les problématiques de santé quelle que soit l’heure. Après avoir composé le numéro de téléphone commun pour les urgences de la Vienne, le 15, pour joindre le SAMU ou les médecins généralistes, les usagers sont informés et orientés dans les plus brefs délais en fonction de leurs demandes. Cela va du simple conseil à une orientation pour une consultation ou à un service d’urgence, voire à l’engagement d’un SMUR pour les situations les plus graves.

Au cœur de la plateforme de régulation

« Le plateau de la régulation du SAMU 86 est une nouvelle organisation en place depuis le 1er mars 2021 », explique le docteur Henri Delelis-Fanien. Il faut savoir que le CHU s’est porté volontaire avec l’association de la médecine de ville pour construire un projet qui rentre dans le cadre du service d’accès aux soins. « Nous faisons partie des 22 sites pilotes expérimentateurs sur ce projet-là. » C’est une plateforme santé élargie réunissant différents acteurs travaillant ensemble pour gérer les appels santé. Le fonctionnement habituel du SAMU se voit doter de nouvelles filières qui se mettent en place : les médecins généralistes, qui régulent en permanence à côté des urgentistes, les filières support avec les coordinatrices du Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC PAT) ou encore les psychologues du numéro prévention suicide.

Henri Delelis-Fanien devant l'un des véhicules d'intervention du SAMU.
Henri Delelis-Fanien devant l’un des véhicules d’intervention du SAMU.

Quelques spécificités du Service d’Accès aux Soins

Le Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC PTA) est un service dépendant de l’Agence Nationale de Santé (ARS) qui regroupe coordinateurs et coordinatrices. « Ils se sont portés volontaires pour nous prêter main forte lors de la première vague de la pandémie de la Covid-19 », souligne le docteur Henri Delelis-Fanien. « Ils sont intervenus sur la gestion, entre autres, des dépistages et des vaccins ». Leur expertise dans les gestion de situations complexes est un atout au niveau du SAMU. Ils apportent des réponses de meilleures qualité aux appels difficiles, ce qui favorisera le suivi de la prise en charge. Parmi les nouveaux acteurs du SAS, les médecins généralistes apportent également leur expertise en journée, notamment pour la prise de rendez-vous. Ces nouvelles dispositions « contribuent à éviter un recours non justifié aux urgences ».

Les Assistants de Régulation Médicales (ARM)

Les Assistants de Régulation Médicale (ARM) sont les chefs-d’orchestre du plateau. Ils sont au nombre de 5 et l’un d’entre eux a un rôle de coordinateur. Leur mission consiste à prendre en compte l’appel. Deux personnes dédiées réceptionnent les appels. Leur formation fait qu’ils sont à même de qualifier l’appel et d’évaluer l’urgence pour l’orienter ensuite soit vers les médecins du SAMU soit les médecins généralistes suivant le degré d’urgence établi et des questionnaires effectués.

Ce qui fait la spécificité du Service d’Accès aux Soins (SAS) résident dans la particularité des ARM à effectuer des missions parallèles : logistique, gestion d’engagement de moyens, de contact et de lien particulier avec les partenaires comme les sapeurs-pompiers, des ambulanciers privés, voire les SAMU des autres départements. Les ARM assurent ainsi toute la coordination en aval des décisions des médecins, une fois que ces derniers ont fini leur appel.

Évaluer l’urgence

Avec la pandémie de la Covid-19 et la 5e vague, la situation se complique à nouveau, aussi bien sur les tensions hospitalières que sur l’activité de régulation. « Malgré tout, tout le monde est à son poste pour essayer de faire au mieux et pour répondre à toutes les problématiques de santé quelle que soit l’heure. » Sur le plateau de régulation, il y a des procédures communes avec les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS) de la Vienne pour travailler en parfaite collaboration. À noter que 45 % des appels sont réorientés des pompiers vers le SAMU et aboutissent à un conseil médical simple, sans engagement d’ambulance, ni de moyens.

Cela relève d’une tendance forte : « nos concitoyens ont souvent besoin d’une réponse forte, qu’ils considèrent comme une urgence ». C’est pourquoi les médecins régulateurs sont là pour expliquer aux personnes leur urgence, leur ressenti et pour leur apporter une réponse adaptée, qui ne débouche pas sur un engagement de moyens. Le docteur Henri Delelis-Fanien rappelle qu’un des objectifs premiers pour prendre les bonnes décisions, c’est « Le patient au bon endroit, au bon moment, par le bon vecteur ».

Des moyens d’actions différents selon les situations d’urgence

En cas d’appel au SAMU, il y a tout un panel de choix possibles. Dans les situations d’urgence, il y a différentes options qui se mettent en place. Il existe ainsi des procédures d’engagement réflexe de moyens, de secours. Par exemple, dans les situations les plus graves, c’est un Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR) qui est engagé ; il comprend toujours un ambulancier, un infirmier et un médecin.

Il existe 6 antennes SMUR dans le département : 3 à Poitiers, 1 à Châtellerault, 1 à Loudun et 1 à Montmorillon. « Nous couvrons ainsi l’ensemble du département et nous sommes en capacité d’intervenir sur toutes les situations les plus graves. » Distance et temporalité sont alors prises en compte pour pouvoir mobiliser l’équipe la plus proche avec le vecteur le plus adapté. Les médecins régulateurs peuvent engager soit une ambulance, soit l’un des véhicules 4×4, soit l’hélicoptère si la distance le justifie.

Les véhicules sot d'intervention sont prêts à partir en cas d'urgence - urgences- Le Petit Reporteur
Les véhicules d’intervention.
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L’hélismur 86, un H-145 sur sa base de stationnement.

Focus sur l’hélicoptère du SAMU 86

C’est sur le tarmac de l’héli-station qu’attend l’hélicoptère du SAMU 86. 3h d’autonomie et une vitesse de 250 km/h, le H-145 acquis en octobre 2020 permet de gagner du temps sur des trajets de plus de 40 km en plus d’atteindre des zones rurales difficiles d’accès. Par rapport à son prédécesseur, il offre un espace plus grand et une place supplémentaire pour un médecin.

L’hélicoptère est géré par la société Babcok France, « leader dans la fourniture de services d’ingénierie complexes et stratégiques qui soutiennent la défense nationale, sauvent des vies et protègent les communautés », explique Pierre Mas, responsable en charge des équipes de l’hélicoptère.

Particularité d’un CHU

Le CHU a également un rôle d’enseignement. C’est pourquoi des médecins récemment diplômés sont aussi présents sur le SAS, afin qu’ils d’être en compagnonnage. La régulation est un métier très difficile qui fait appel à des connaissances médicales mais aussi à une connaissance de toute l’organisation des secours. « Rien ne vaut la pratique. »

Avec la 5e vague, plus aucune région n’est épargnée. On se rappelle les missions de transfert de patients de l’Est vers l’Ouest lors de la première vague, afin de soulager les hôpitaux en difficulté. La situation est aujourd’hui tout autre et il faut trouver des solutions avec l’ensemble des acteurs de la région. « Tout le monde est impacté. » Stress, lassitude et démotivation viennent fragiliser le bon fonctionnement du service. S’il faut être bien dans sa tête, il faut aussi avoir les moyens de rendre des soins de qualité. Aujourd’hui le turn-over est plus important. C’est pourquoi l’attractivité des services d’urgence reste primordial, même si malgré la bonne volonté des uns et des autres, les soignants supportent de moins en moins la situation de tension permanente.

Le Petit Reporteur tient à remercier Henri Delelis-Fanien, directeur médical du SAMU, Stéphan Maret, directeur de la communication du CHU de Poitiers, et Pierre Mas, responsable des équipes de l’hélicoptère, sans lesquels le reportage n’aurait pas pu avoir lieu.

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