Tu quoque mi fili, le destin de César

Tu quoque mi fili, le destin de César

Jules César est connu pour avoir été un grand empereur romain, sinon le plus grand. Cependant, il n’a jamais été nommé empereur. Il a en revanche étendu l’empire romain et posé les bases de la République. Son nom est resté à jamais gravé dans l’Histoire. Voici son histoire.

Jules César naît probablement en l’an 102 av J.C. Il est un enfant frêle à la peau pâle. Il souffre du mal comitial, appelé aussi épilepsie, maladie associée à la démence à l’époque. De par sa mère, Aurelia Cotta, il peut prétendre descendre en droite ligne de Vénus. Quant à son père, sa lignée remonte à celle d’Énée, le prince troyen, héros de L’Illiade. Pour son éducation, c’est Antonius Grifo, un précepteur gaulois, qui lui enseigne le latin, le grec et l’histoire de la Gaule. À la mort de son père, Jules César a quinze ans. Il peut alors revêtir la toge virile, qui marque le passage à l’âge adulte. Au même moment, Rome est en proie à une guerre civile.

La carrière militaire

C’est dans ce climat de tensions que Sylla, chef de file du parti conservateur, devient dictateur. Il prend alors la décision de condamner à mort quarante sénateurs et plus de deux mille six cents chevaliers, dont Jules César. Grâce à l’un de ses oncles, sa peine est commuée en bannissement. Jules César doit ainsi quitter Rome. Il décide donc de s’enrôler dans l’armée et de rejoindre Lucullus au siège de Mytilène. Pour mission, il doit demander des renforts auprès du roi de Bithynie, Nicomède IV, allié de Rome. Ce dernier accepte à la condition que Jules César passe une nuit avec lui. Et ainsi avec ces précieux renforts l’armée romaine vient à bout de l’île de Lesbos. À la mort de Sylla en 79 av J.C, Jules César peut enfin rentrer à Rome.

César à la conquête du pouvoir

Comme tout Romain de bonne famille, Jules César entreprend le cursus honorum. Mais il lui faut attendre sa trentième année. Quatre étapes se succédaient afin de parvenir au sommet : la questure, l’édilité, la préture puis le consulat. Ce dernier représentait alors l’étape ultime du parcours. En ce qui concerne le mandat de dictateur avec pleins pouvoirs, il n’était octroyé qu’en cas de graves crises ou de guerre. Mais le jeu est biaisé. Ainsi pour pouvoir mener campagne il fallait beaucoup d’argent. Jules César en manque. C’est pourquoi il n’a d’autre choix que de trouver un protecteur. Il fait ainsi appel à Crassus, connu pour avoir maté la révolte des gladiateurs, menée par Spartacus.

Jules César entame ainsi une carrière politique grâce à son argent. En 65 av J.C, il devient édile. Sur le plan politique, il rétablit les tribuns de la plèbe dans leurs pleins droits, ce qu lui vaut la reconnaissance du peuple. En 62 av J.C, Jules César devient préteur. Il s’agit d’un poste de nature judiciaire car le préteur était un juge. À la fin de sa charge, Pompée revient victorieux d’une campagne en Orient contre le roi Mithridate. Il tente alors de rapprocher Pompée et Crassus. Tous les trois forment alors le triumvirat et Jules César est élu consul en 79 av J.C. Cette fonction était le clé de voûte des institutions républicaines à Rome.

La conquête de la Gaule

Criblé de dettes et menacé de poursuites judiciaires, Jules César doit fuir Rome. C’est en Gaule qu’il se rend. Le sud du pays est romain et doit le rester. En revanche, les Helvètes décident de migrer plus à l’ouest. Les Allobroges demandent alors de l’aide à Rome. Si les Romains étaient inférieurs en nombre, les Gaulois étaient plus dissipés. À la fin de 52 av J.C, Jules César connaît sa première défaite en Gaule, à Gergovie. À leur tête, un seul homme, Vercingétorix. Ce dernier était issu du peuple des Arvernes. Il était le fils de Celtill, ancien aspirant au trône de toute la Gaule.

Vercingétorix met à mal l’armée de Jules César, qui décide alors de se retirer. À force de promesses d’indépendance et de pièces d’or, celui-ci parvient à se concilier les faveurs des cavaliers germains. Les Romains mettent en déroute les Gaulois, qui se réfugient à Alésia. Jules César décide de lever un siège et de les affamer. C’est chose faite : Vercingétorix finit par sortir de la ville pour venir négocier la reddition. Ainsi, la Gaule devient romaine. Après sa victoire en Gaule, Jules César rentre à Rome pour affronter Pompée. C’est en Égypte que Pompée trouve la mort, trahi par Pothin, qui manipule le jeune roi.

César et Cléopâtre

Pompée mort, le climat en Égypte n’est pas des meilleurs. De plus Pothin fait courir le bruit qu’il a assassiné Pompée sur ordre de Jules César. C’est alors que ce dernier va bénéficier d’une aide quelque peu agréable. Cléopâtre alors maintenue à l’écart par son frère Ptolémée XIII, qui s’est accaparé pour lui seul du pouvoir, imagine un subterfuge pour rencontrer Jules César en résidence dans le palais. Elle s’enroule dans un tapis qu’elle lui fait livrer afin de réchauffer ses nuits froides d’hiver qui arrivent. Ils organisent alors la révolte. Afin de parer toute insurrection de la flotte, Jules César y met le feu. Malheureusement les vents contraires ramènent les flammes vers la bibliothèque d’Alexandrie. Par chance, le 15 janvier 47 av J.C, Ptolémée XIII se noie dans le Nil.

Le calendrier Julien

Les Romains n’avaient pas coutumes de comptabiliser les jours durant les mois d’hiver. Et c’est Jules César lui-même, en tant que grand pontife, qui remettait le calendrier en marche, selon une date convenant à tous. Alors que Jules César demande à Cléopâtre d’où lui vient sa maîtrise de nombreuses langues, elle l’emmène au Musée, institution unique au monde, faisant office d’Académie des sciences, de la littérature, des arts et de la philosophie. Il y rencontre Sosigène, un curieux personnage qui se révèle être un brillant astronome. Il donne à Jules César l’idée d’inventer le calendrier Julien, qui est toujours en vigueur aujourd’hui. Celui-ci se base non pas sur la course de la Lune autour de la Terre, mais sur celle de la Terre autour du Soleil. Par cette nouvelle convention, Jules César comprend également que la Terre n’est pas plate. Elle est tout aussi ronde que la Lune et le Soleil.

La dictature

En 47 avant J.C Jules César doit repartir en guerre. Le roi autoproclamé du Pont refuse la soumission à Rome. C’est la bataille de Zéla. Elle ne dure que quatre heures et vaut à Jules César ses célèbres paroles : Veni, vidi, vici. Il revient ensuite à Rome et établit la paix. Il gagne la confiance du clan des conservateurs. L’annexion des Gaules et de la Numidie, ainsi que le protectorat sur l’Égypte confère à Rome sa puissance. Mais Pompée le jeune ne l’entend pas de cette manière. Après avoir maté la rébellion, Jules César revient fatigué à Rome. Afin de poursuive son action et pour avoir les mains libres, il fait voter par le sénat le statut exceptionnel de dictateur pour dix ans car Rome manquait de profondes réformes. Il instaure l’usage du nouveau calendrier mis en œuvre grâce à Sosigène. Les années passent ainsi de trois cent cinquante-cinq jours avec mois bissextiles et hivers non comptabilisés à des années de trois cent soixante-cinq jours et une année sur trois de trois cent soixante-six jours. Il nomme également Brutus et Cassius aux postes de préteurs.

La trahison

Jules César porte toujours à Brutus un intérêt immense. Il lui promet une grande carrière. En revanche, pour sa succession, Jules César lui préfère Octave, le petit-fils de sa sœur. Jules César, s’adonnant au luxe, ne voit pas venir le complot. C’est ainsi aux Ides de Mars que son destin va se jouer. Cassius l’accuse de vouloir devenir roi et rallie plusieurs sénateurs à son idée. Il accuse Brutus d’être le premier traître de toute sa lignée, ce qui échauffe l’esprit de ce dernier. Ainsi, en passant comme à son habitude se recueillir  devant la statue de Pompée, des sénateurs le rejoignent. 

C’est alors que l’un d’eux tire un poignard du revers de sa toge et lui assène un coup. Jules César tente de se défendre mais un autre sénateur se présente et l’attaque à son tour, puis un autre, puis deux, puis trois. Les coups de poignards pleuvent. Enfin Brutus apparaît. Jules César voit en lui un sauveur. Mais il est bien déçu. Brutus sort à son tour un poignard et lui donne le coup de grâce. Jules César s’écroule en prononçant sa célèbre phrase : Kai su teknon (toi aussi mon fils).

Jules César a eu un destin extraordinaire. Il a étendu la suprématie de Rome jusqu’à la Gaule et posé les bases de la République. Mais contrairement à la croyance populaire, il n’a jamais été empereur. Son œuvre la plus marquante reste l’instauration du calendrier julien. L’abréviation « J.C » faisait référence à Jules César jusqu’à ce qu’un moine du nom de Denis le Petit associe l’année de début de notre ère au nom de Jésus-Christ.

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