Le Capital revisité par le manga

Le Capital écrit par Karl Marx a pour sujet le capitalisme et sa course folle à l’accumulation de richesses. Parue à la fin du XIXe s. l’œuvre philosophique tente de montrer l’exploitation de la « force de travail » des ouvriers par les détenteurs de capital qui constitue la plus-value des produits finis. Karl Marx n’a pas pu écrire le deuxième tome. C’est Friedrich Engels qui l’a rédigé en tenant compte de ses notes. En 2008, un collectif japonais, Variety Artworks, décide d’adapter l’œuvre en manga. Il arrive en France en 2011 chez Soleil ; Olivier Besancenot en rédige la préface.

L’adaptation de l’œuvre de Karl Marx

Repris par le collectif japonais, Variety Artworks, Le Capital présente Robin, un jeune artisan fromager qui décide de développer sa petite entreprise artisanale après avoir rencontré Daniel, un riche investisseur. Celui-ci va l’entraîner dans la course folle au profit. Il lui achète une usine pour qu’il puisse se développer, puis des machines pour pouvoir assurer un meilleur rendement. Le travail se fait de plus en plus parcellisé. L’homme devient ainsi un rouage parmi tant d’autres et peut être facilement remplacé lorsqu’il ne fait plus l’affaire. Si le premier tome montre le côté pile de du capitalisme avec l’ascension de Robin, passant de petit artisan à riche entrepreneur, le second tome dévoile le côté face de ce même capitalisme avec la course folle du capitalisme et sa contradiction liée à la suraccumulation des richesses.

La Révolution Industrielle

Le XIXe s. a vu naître la Révolution Industrielle en Europe. Elle a transformé les manières de voir, de consommer et de vivre. La production de masse se met en place. La force de production et plus généralement la force de travail devient une marchandise comme les autres. Les détenteurs du capital deviennent les nouveaux maîtres du monde. Ils n’hésitent pas à investir de plus en plus pour s’enrichir au détriment des plus faibles. Car avec l’avènement de la Révolution Industrielle et du capital, les inégalités se creusent laissant les plus faibles au bord de la route. Dans son livre, Karl Marx, dénonce la folie du capitalisme.

L’histoire de la monnaie

Pour qu’il y ait un échange entre les biens, il faut que leurs valeurs puissent être quantifiées et comparées sur une base commune. Petit à petit est né l’idée d’une valeur commune, appelée « valeur étalon ». L’or s’est imposé petit à petit car plus transportable. Comme le système fonctionne, les autres villages l’adoptent et le « marché » s’étend ainsi progressivement. Mais chaque transaction doit être pesée alors l’or est réduit à un gramme et son poids gravé sur la pièce, qui devient « monnaie d’échange ». L’or venant à disparaître dans les mines, il a été remplacé par un alliage car ce qui prime alors, c’est la valeur indiquée et non le poids. Le souci est que les gens n’ont plus conscience de la valeur or. Ils croient désormais en la valeur de leur monnaie. Les billets papiers viendront petit à petit remplacer les pièces car plus légers. Alors que la monnaie n’était qu’un moyen de faire des échanges, elle est devenue la « valeur étalon ». C’est ainsi que l’argent s’est substitué à toutes les autres valeurs et qu’il est devenu le nouveau Dieu des capitalistes.

Le capitalisme

Les capitalistes investissent de l’argent afin d’acquérir des moyens de production (machines, force de travail). Le capital sert ainsi à produire des marchandises qui seront ensuite vendues contre une somme d’argent supérieure. La différence constitue le profit ou la « plus-value ». Les capitalistes cherchent ainsi par tous les moyens à faire de l’argent et à générer des profits sur toutes les marchandises. Comme le rappelle Marx « dans le capitalisme se cache un monstre affamé et ne connaissant pas la sérénité… » Mais le système a ses limites. D’une part les sociétés sont dépendantes les unes des autres. Si le profit de l’une engendre le profit de l’autre, a contrario la chute de l’une engendre la chute de l’autre. Car la production de masse déclenche une consommation de masse mais il arrive un moment où le marché est saturé. La baisse de la consommation entraîne dans son sillage la baisse des salaires ou des licenciements. Les résultats sont eux aussi en chute libre et c’est la crise. Les capitalistes doivent sans cesse lutter contre les remous qu’ils provoquent. La mécanisation permet d’augmenter le rendement mais elle permet également de se passer de la main-d’œuvre. Cela crée du chômage. Il existe alors de nombreux demandeurs pour peu de postes. Les capitalistes exploitent ainsi la faiblesse des gens dans la précarité. Ces derniers constituent l’armée de réserve des capitalistes.

Le Capital de Karl Marx expose la notion de capitalisme, né de la Révolution Industrielle au XIXe s. Si le mouvement se veut bénéfique au départ, il connaît vite ses limites, plongeant alors le monde dans la crise, délaissant les plus faibles sur le bord de la route. Le collectif japonais, Variety Artworks, a su adapter au mieux en bande dessinée l’œuvre originelle.

 

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