Icare, l'enfant qui voulait atteindre le ciel

En 2005 Moebius imagine Icare car il souhaite collaborer avec les Japonais. Le projet se concrétise par sa rencontre avec Jirô Taniguchi. De leur association naîtra une œuvre poétique emprunte de liberté.

En juillet 2017, le public français découvre la série animé Castlevania sur Netflix. Créée par Nintendo, la licence est devenue célèbre. Tombée dans l’oubli, Mercury lui a donné une seconde vie avec Castlevania, Lords of Shadow. La série emprunte son graphisme à ce dernier.

Moebius imagine Icare. L’œuvre fait référence à Akira, par son sujet à propos d’enfants dotés de pouvoirs exceptionnels tenus au secret par des scientifiques. Il assume d’ailleurs la référence, appuyée par le style graphique proche de celui d’Otomo. Taniguchi, au style posé, lent et contemplatif, révèle aussi une autre facette de son talent. Il réalise des scènes d’action de toute beauté et d’une rare efficacité. Par son sujet, le manga fait référence également au mythe de Dédale et Icare. Le héros souhaite atteindre le ciel comme le fils de Dédale. Se brûlera-t-il les ailes ? Alors que le lecteur est plongé dans l’histoire, voilà que cette dernière s’arrête brusquement. Dans un long interview donné à la fin du récit, Moebius avoue envisager une suite, qui hélas n’a toujours pas vu le jour.

Innocence ...

Des terroristes kamikazes sévissent dans les rues de Tokyo. Ces hommes-éprouvettes sont capables de « s’auto-exploser ». C’est alors qu’un enfant hors-normes vient au monde. Il a la faculté de voler. Dès lors, le monde scientifique est aux aguets et place le nourrisson, baptisé Icare, en isolement sous couvert du secret défense. La jeune Yukiko, une brillante anthropologue, est chargée de veiller sur lui.

 

... et rebellion

Icare grandit pendant vingts ans sans faire de vague, se prêtant au jeu des expériences scientifiques. Il subit alors des expériences diverses qui justifient sa privation de liberté. Mais un jour, il décide de voler de ses propres ailes et d’aller vers le ciel qui lui est interdit. Il semblerait d’ailleurs que la belle Yukiko ne soit pas en reste dans cette histoire.

 

Lire Icare, c’est se plonger dans une œuvre futuriste et poétique emprunte de liberté. Il n’est pas sans rappeler le fils de Dédale qui, grisé par sa soif de voler toujours plus haut, tomba dans la mer et se noya. Est-ce ce qui attend le héros de Moebius ?

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