Le transhumanisme vu par Gunmm

Le transhumanisme vu par Gunmm

Alita, battle angel vient de sortir au cinéma. Il reprend les quatre premiers tomes du célèbre manga Gunnm. L’occasion pour Le Petit Reporteur de revenir sur ce manga japonais des années 1990 devenu culte.

Naissance d’un manga devenu culte

Un monde dystopique

Dans un futur imaginaire, la Terre est séparée en deux mondes. À la surface, les uns tentent de survivre dans un monde sans foi ni loi où humains et cyborgs se côtoient, les autres, les élus, habitent Zalem, la cité dans le ciel qui déverse par un énorme tuyau ses déchets sur la surface de la Terre.

Une future héroïne

C’est dans l’une des décharges où s’amoncèlent les déchets de Zalem qu’Ido, un cybernéticien en quête de pièces de rechange pour ses robots, découvre les restes d’une cyborg. Il décide de la garder et de la réparer. Il lui donne un nom : « Gally ». Pour la remettre sur pied, il rassemble des pièces récoltées par-ci par-là.

Gally, le cyborg sauvé de la décharge

Les débuts de la chasseuse de prime

Ido, en apparence sans histoire, cache un secret. Si le jour il répare les cyborgs, la nuit il mène une toute autre existence : il est chasseur de prime et traque les criminels. Gally le découvre malgré elle et souhaite à son tour devenir chasseuse de prime. Et pour son premier combat, elle affronte Makaku, un cyborg colossal, sanguinaire et drogué à la l’endorphine qu’il prélève dans le cerveau de ses victimes.

Makaku, le monstre des égouts

Abandonné par sa mère à la naissance, il a grandi dans les égouts. Un jour, alors qu’il observe le monde à travers les grilles d’égout, il est aspergé d’acide. Se décomposant et sur le point de mourir, il est sauvé par un mystérieux inconnu qui, comme Ido, le transforme en un cyborg à l’apparence de ver. Dès lors il vole les corps des autres cyborgs pour s’en emparer et il dévore les cervelles dont il tire sa précieuse drogue : l’endorphine.

Un combat de taille

Makaku terrasse Gally et blesse grièvement Ido. Souhaitant sauver à tout prix celle qu’il considère comme sa fille et lui donner un corps à la hauteur de ses pouvoirs, il renonce à ses rêves et la dote du corps du Berseker découvert il y a plusieurs années. Dès lors Gally devient surpuissante et capable de terrasser Makaku et son terrible grind cutter. Car Gally maîtrise l’art martial ultime des cyborgs : le panzerkunst. Avant de mourir, il révèle son histoire à Gally, qui ne peut s’empêcher de verser une larme en le voyant échapper son dernier souffle.

Yugo, le premier amour de Gally

La rencontre

Dans une usine désaffectée où elle se retrouve allongée après avoir chuté du toit, Gally rencontre un jeune homme. Son nom c’est Yugo. Il n’a de cesse de scruter le ciel. Son rêve : vivre un jour sur Zalem. Et Vector, un homme d’affaire sans scrupule le lui a promis en échange d’une grande somme d’argent. 

Gally, tombe amoureuse de Yugo et décide alors de l’aider à rassembler l’argent. Mais voilà, Yugo vole des rachis aux cyborgs qu’il revend à pris fort au marché noir afin d’amasser la somme convenue. Cela le conduit à être pourchassé par les chasseurs de prime.

La traque

L’un d’eux le retrouve. Ce même chasseur de prime avait tué le frère de Yugo des années plus tôt alors qu’il tentait de gagner Zalem dans un ballon construit de ses mains. Dénoncé par sa femme par peur d’être abandonnée, sa tête avait été mise à prix et il avait été abattu. Le chasseur de prime abat aussi sauvagement Yugo. Gally, pour sauver ce qui reste de Yugo, raccorde la tête de celui qu’elle aime à son système de survie et l’apporte auprès d’Ido. Remis sur pied il apprend de la bouche d’Ido que le marché conclu entre lui et Vector n’est qu’un leurre. Il est impossible de gagner Zalem et Ido en sait quelque chose puisqu’il en a été chassé.

Le désespoir

Yugo en colère rend visite à Vector. Il comprend vite que l’argent n’a pas de valeur sur Zalem. Vector l’a trompé. Il prend donc la décision de se rendre sur Zalem à sa manière. Il escalade alors l’un des tuyaux qui relie la cité à la décharge. Gally part à sa recherche et le retrouve. Elle le convainc de venir avec elle car elle l’aime. 

Yugo comprend alors que ce qu’il avait de plus cher était auprès de lui. Mais voilà, l’un des anneaux de sécurité chargé d’exterminer tout parasite cherchant à grimper sur le câbles fonce sur Yugo et le met Yugo en pièce. Gally le rattrape par le bras. Avant de lâcher prise et de tomber dans le vide, Yugo lui dit qu’il est heureux d’avoir pu parler une dernière fois avec elle. Gally se retrouve seule et triste.

Le motorball

Une nouvelle championne

Gally a disparu. Ido la cherche partout. Alors qu’il arpente les rues, il sauve in extrémis Shmila qui est sur le point de se faire violenter par deux hommes malintentionnés. Une fois sauvée, Ido lui montre la photo de Gally. C’est alors qu’elle le traîne au motorball et lui achète un ticket pour le n°57. Pourquoi ce numéro ? 

Parce qu’il est le seul à remporter la course. Mais voilà, au moment de franchir la ligne d’arrivée, un dernier combattant attend. Ido n’en croit pas ses yeux, c’est Gally ! Elle a troqué son corps de Berseker pour un corps plus approprié au motorball. Après la mort de Yugo, elle a souhaité tout oublier et c’est pourquoi elle a disparu.

L’empereur du motorball

Pour devenir numéro 1, Gally doit affronter Jashugan, le champion de la ligue 1. Mais la route est semée d’embûches. Avec son nouveau corps, elle est invincible. Mais pour pouvoir affronter le champion, elle ne peut pas le faire sans réunir une équipe. Et Gally doit compter sur un inconvénient de taille. Ido est devenu le « médecin » du champion. Mais comme Achille, il possède un point faible. Son cerveau remanié par Desty Nova, un Zalémien, après un terrible accident se meurt petit à petit et Ido ne peut pas arrêter le processus d’auto-destruction.

Un combat épique

Le jour de la course arrive. Gally a rassemblé ses alliés pour pouvoir participer à la course organisée par Jashugan, l’empereur du motorball. Dès le début de la course, il se débarrasse en quelques secondes des alliés de Gally. Et pour lui, le motorball est sans importance. C’est le combat entre lui et Gally qui importe car il a dimension bien plus importante. Le motorball a été inventé par Zalem afin de calmer les foules du peuple de la décharge. 

Et tout peuple élit ses champions. La lutte est alors sans merci. Au moment où Jashugan s’apprête à porter le coup de grâce à Gally, elle est sauvée par Tiger, son coéquipier qui s’invite dans le combat. Ainsi, l’héroïne finit par l’emporter sur son adversaire déjà bien diminué par la maladie qui le ronge. Il meurt, laissant Gally victorieuse. Désormais, elle peut quitter le monde ultra-violent du motorball.

Ici se termine le film Alita, Battle Angel. Le Petit Reporteur a décidé de vous dévoiler la suite du manga.

Desty Nova, la nouvelle quête de Gally

Makaku, Jashugan, Zapan et Desty Nova

Le mystérieux Zalémien qui a donné un corps à Makaku et transformé le cerveau de Jashugan s’appelle Desty Nova. Après le retrait de l’univers violent du motorball, Ido décide de récupérer le corps du Berseker, vendu à Desty Nova par Ed, l’entraîneur de Gally. Mais ce professeur fou ne jure que par la science et la nanotechnologie. Au diable la conscience. Son nouveau projet : remettre sur pied un cerveau qu’il vient de récupérer et lui donner le corps du Berseker. 

Ce cerveau, c’est celui de Zapan, un terrible chasseur de prime humilié par Gally lors de son combat contre Makaku. Depuis ce jour, il n’a de cesse de vouloir se venger d’elle. Desty Nova, lui en offre l’occasion. Ido tente de s’interposer mais il est tué. Avec le corps du Berseker, Zapan est devenu surpuissant et réclame la tête de Gally. Après un combat des plus difficiles, elle en vient à bout.

Le nouveau combat de Gally

Pour éliminer Zapan, Gally s’est servi d’un pistolet. Or l’usage de ce type d’arme est un délit de classe A. La sentence c’est la mort. Peu de temps après Gally se réveille dans une cellule blanche capitonnée. Elle est humaine mais cette réalité n’est qu’apparence. Si elle veut vivre, elle doit devenir l’arme de Zalem. Sa mission : retrouver un fugitif répondant au nom de Desty Nova. En attendant elle doit s’occuper du Barjack, une bande de nomades qui pillent les trains de ravitaillement destinés à Zalem. Elle fait alors la rencontre de Fogia Four, un être humain non cyberisé. Ensemble ils affrontent la bande de nomades menée par Den, leur chef.

Den et Kaos

Gally part sur les traces de Den. En chemin elle retrouve une ancienne connaissance : Koyomi, la petite fille du patron du « Kansas ». C’est le bébé qu’elle avait sauvée des griffes de Makaku des années plus tôt lors de leur dernier combat. La jeune fille devenue presque femme veut rencontrer Kaos. Il émet ses messages sur les ondes. Il paraît même qu’il a des informations sur Den. Quelque temps plus tard Gally fait la rencontre de Kaos qui lui avoue être le fils de Desty Nova. 

Ensemble, ils se mettent en chemin pour le retrouver. Mais Den leur barre la route. S’engage alors un rude combat dont Gally sort malgré tout vainqueur. Mais au moment où elle s’apprête à donner le coup de grâce au colosse, Koyomi s’interpose, clamant qu’elle se rallie à sa cause : celle de détruire Zalem. Le chemin des deux femmes se séparent. Gally retrouve Kaos qui lui révèle un autre secret : il est à la fois Kaos et Den. Alors qu’il se prépare à mettre Gally à mort, un torrent de boue les submerge. Den est mort.

Zalem

La rébellion s’organise

Den a récupéré. Il reprend sa lutte contre Zalem. Vector s’impose en négociateur. Mais Den les anéantit tous. Koyomi sauve la vie de Vector en proposant qu’il convainque Zalem de mettre les habitants de Kuzutetsu à l’abri si Zalem venait à s’effondrer. Pendant ce temps Gally retient Kaos prisonnier et l’oblige à émettre une dernière fois sur les ondes. Puis ce dernier part à la recherche de Nova et Gally sur les traces d’Ido qu’elle retrouve. Mais il n’est plus le même. 

Après sa résurrection, comme un dernier message il avait laissé un enregistrement vidéo pour Gally lui racontant que ce qu’il savait sur les Zalémiens l’avait changé et qu’il ne pourrait pas rester sain d’esprit. Après avoir retrouvé Ido, Gally s’enfuit. En chemin, elle est attaquée par son double. Zalem a créé un double d’elle alors qu’il la sauvait des broyeurs. Elle est sur le point de se faire terrasser lorsque Lou Collins, l’opératrice qui s’occupe d’elle sur Zalem, décide de mettre un terme à l’usurpatrice en détruisant son ordinateur de contrôle.

Défaite et victoire

Dans son atelier, Den termine la construction de son canon. Celui qui détruira les fondations de Zalem. Mais après le premier tir, force est de constater que Zalem utilise une sorte de bouclier. En réponse elle lance un puissant laser sur le canon, ce qui le liquéfie. Kaos, lui, rend visite à son père, Nova. Pour lui aussi, il ne peut que subir le courroux de ce dernier. Quant à Gally, elle retrouve elle aussi la trace de Nova. Mais ce dernier l’emprisonne dans ses pensées. Elle croit ainsi affronter Jashugan à nouveau. 

Elle finit par le terrasser et se réveiller ainsi de sa torpeur. Puis elle réussit à tuer Desty Nova. Quant à Den, il est mort dignement au pied de la cité après un terrible combat. Après avoir fait ses adieux à Kaos, elle reprend la route. En chemin, elle percute un enfant. Malheur ! Cet enfant n’en est pas un, il est une bombe. L’explosion pulvérise le corps de Gally. Son âme subsiste et elle se retrouve plongée dans son passée, quand elle était Yoko. Elle y apprend qu’elle était un soldat de Mars et qu’une tragédie l’a fait quitter subitement son vaisseau où elle a finit par se désagréger dans l’espace avant de terminer sur Terre.

Le renouveau

 Elle revient à la vie et découvre que Desty Nova n’est pas mort. De retour sur Zalem, il a fait transférer les reste de Gally et l’a reconstruite. Il retrace à Gally l’histoire de Zalem, pendant de Jeru, la cité dans l’espace. Entre les deux, un gigantesque ascenseur. Mais il ne fonctionne plus. Une initiation doit avoir lieu, celle qui transforme les jeunes de Zalem en robot en remplaçant leur cerveau par une puce. Desty Nova souhaite mettre un terme à ce rite et pour cela il lance une nano-attaque sur l’âme de la cité, Melchizedek. Furieuse, elle déclenche l’auto-destruction de Jeru, ce qui anéantira Zalem. Pour les sauver, Desty Nova demande à Gally de se sacrifier en utilisant le mutagène qu’il a mis au point pour contenir la déflagration de l’anneau Jeru maintenant Zalem en suspension. Il lui confie donc le précieux mutagène et Gally s’envole pour Jeru afin d’empêcher l’auto-destruction. Son sacrifice donne naissance au nano-arbre. 

Épilogue

Des années plus tard, Koyomi, devenue journaliste, publie les Chroniques du Barjack et retrouve Fogia. Le peuple de la décharge a érigé une montagne qui mène à Zalem. Fogia et Koyomi retrouve Desty Nova, devenu vieux. Il leur file entre les doigts. Il emprunte alors un long tunnel qui mène à une graine. Avant de devenir fou, il avait connecté un cerveau de secours. Celui-ci informe à  Koyomi et Fogia, qui l’ont suivi, que Gally est à l’intérieure, en vie. Fogia la délivre et l’embrasse. Désormais, ils ne se quitteront plus.

Analyse de Gunnm

Les étapes de la vie d’une femme

Lire Gunnm, c’est plonger au cœur d’un univers dystopique où humains et robots se croisent, s’affrontent, s’aiment. Mais les problèmes de l’héroïne n’en restent pas moins éloignés de celui d’une jeune fille. Lorsqu’il la trouve dans la décharge, Ido la porte à bout de bras, comme un père le fait quand il découvre son enfant nouveau-né. Puis il l’élève comme sa fille. Elle grandit ainsi dans l’insouciance et décide de suivre ses pas. Elle fait ses preuves et trouve l’amour, le premier. Avec Yugo, les questions de femmes apparaissent également. Gally se demande alors comment son corps de robot peut aimer un corps humain dans l’intimité. C’est l’adolescence. Elle s’effondre et fugue à la mort de Yugo pour se lancer dans le monde ultra-violent du motorball. Puis elle se met à la solde de Zalem pour trouver Desty Nova. Comme toute personne peut le faire lorsqu’elle travaille, Gally vend sa force de travail à son employeur qui n’hésite pas à la remplacer dès lors qu’elle ne fait plus l’affaire : l’arrivé de G2. Mais une cause plus noble la surpasse, une dimension « religieuse ». Zalem semble être un vaisseau où vivent des humains supérieurs dont on remplace le cerveau à l’âge de 16 ans, ce qui marque leur entrée dans l’âge adulte. Ils sont des dieux, dominant ainsi la décharge. Desty Nova décide de mettre fin à la mascarade et provoque l’autodestruction de ce peudo royaume de l’Olympe. Mais un sacrifice doit être fait : celui de Gally pour sauver le monde. En Messie, elle sauve la Terre et donne naissance à un arbre et se met en état d’hibernation. Fogia, son dernier amour lui redonne alors vie.

Le transhumanisme

Gunnm laisse apercevoir l’une des possibilités de l’avenir de l’humanité. En ce sens l’œuvre en rejoint une autre : Ghost in the Shell. Dans  ce manga tout aussi culte, l’héroïne, également cyborg, se demande elle si elle a été humaine auparavant ou si son cerveau n’est pas une puce. Et ce n’est pas le Puppet Master qui va lui dire le contraire car il la confronte de manière plus globale à la question de l’humanité en lui disant qu’il est né du néant de l’informatique et qu’un programme informatique est semblable à l’ADN humain en ce sens qu’il perpétue le patrimoine génétique de l’humanité.

Mais dans Gunnm, le problème est abordé différemment. C’est par le transhumanisme que l’homme trouvera son salut, puisque l’héroïne faite de métal avant tout est celle qui se pose en sauveuse de l’humanité. Qui plus est, même les plus humains sacrifient leur cerveau au profit d’une puce, symbole de leur perfection, il est intéressant de voir qu’au début des années 1990 l’auteur posait déjà les jalons de la robotique qui émerge de nos jours : la nano-technologie. De là la question de la définition de l’être humain : où se trouve la frontière entre le biologique et la robotique ? Seul l’avenir le dira…

À travers les yeux de James Cameron

James Cameron vient d’adapter Gunnm au cinéma. Comme promis, les effets spéciaux sont là. Les décors sont magnifiques et détaillés. Le film est fait pour la 3D. Le spectateur est plongé dans l’histoire dès le début du film. En revanche l’histoire a été modifiée pour mieux coller aux critères hollywoodiens : une histoire d’amour, des méchants méchants et des gentils gentils, et en arrière-plan une lutte pour Alita afin de retrouver qui elle et pourquoi elle a été chassée du paradis qu’est Zalem. L’héroïne est d’ailleurs perçue très tôt comme un personnage à part entière dans le monde de la décharge. Nova y est également vu comme un dieu tout puissant. 

Le film s’appuie aussi bien sur la version papier que sur la version animée dont il est plus proche. La modification de l’histoire ait cependant perdre la profondeur philosophique de l’œuvre originale. Le plus prégnant, c’est l’histoire d’amour entre Hugo et Alita, et le passé de cette dernière que le lecteur ne découvre que vers la fin du manga papier. Le motorball, qui n’était qu’un épisode également dans le manga papier, est devenu un élément principal pour la conquête du monde d’en haut et a perdu de sa profondeur métaphysique. Alita, quant à elle, rassemble la lutte de Jashugan et de Den/Kaos qui ont été occultés pour faire la place belle à l’héroïne. Alita semble muée du désir de comprendre pourquoi elle a été chassé du paradis originelle. C’est comme s’il s’agissait d’une sorte de bible des temps nouveaux où l’héroïne se porte en messie des temps post « effondrement ».

La modification de l’histoire fait cependant perdre la profondeur philosophique de l’œuvre originale. Le plus prégnant, c’est l’histoire d’amour entre Hugo et Alita, et le passé de cette dernière que le lecteur ne découvre que vers la fin du manga papier. Le motorball, qui n’était qu’un épisode également dans le manga papier, est devenu un élément principal pour la conquête du monde d’en haut et a perdu de sa profondeur métaphysique. Alita, quant à elle, rassemble la lutte de Jashugan et de Den/Kaos qui ont été occultés pour faire la place belle à l’héroïne. Alita semble muée du désir de comprendre pourquoi elle a été chassé du paradis originelle. C’est comme s’il s’agissait d’une sorte de bible des temps nouveaux où l’héroïne se porte en messie des temps post « effondrement ».

La critique du Petit Reporteur

L’œuvre du mangaka Yukito Kishiro est riche tant par son histoire que par les réflexions qu’elle amène sur l’humanité et son évolution. Sommes-nous aujourd’hui à la fin de l’évolution ou y a-t-il d’autres étapes à franchir ? L’auteur nous propose la cybernétique comme prochaine étape de l’évolution. Il choisit délibérément une femme pour incarner son héroïne car elle symbolise plusieurs facettes de la femme, tantôt fragile, tantôt rebelle, qui se pose en sauveuse de l’humanité. Si en tant que cyborg elle ne peut pas donner la vie, elle se sacrifie malgré tout et grâce au mutagène de Nova, donne naissance au nano-arbre. Il est alors à se demander si la machine n’est pas plus humaine que les être vivants qui sont représentés comme de véritables écervelés. James Cameron a souhaité adapter le manga au cinéma alors si vous êtes tentés, vous pouvez retrouver en attendant la bande annonce du film Alita, battle angel par ici.

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