Stéphane Marcireau invente un jeu pour (re)découvrir la Philo

Stéphane Marcireau invente un jeu pour (re)découvrir la Philo

Le Petit Reporteur - Portrait - 11 août 2021 à 18h15 - Partager sur : Facebook LinkedIn Twitter

Stéphane Marcireau est professeur de philosophie au lycée Union chrétienne à Poitiers (Vienne). Il y a une quinzaine d'années, il a décidé d'inventer un jeu pour faire (re)découvrir la philosophie aux élèves. Après plusieurs années de conception, Philodéfi est sorti en 2019.

"Je voulais créer un jeu de cartes qui permette d'apprendre ou de réviser la philosophie." (Stéphane Marcireau)

Stéphane Marcireau avec le jeu Philodéfi, sorti en 2019.

Tout commence par un dessin

"Je me souviens d'une élève, Louise Groux, qui dessinait en fonction de ce que lui inspirait les cours. Lors d'un cours sur René Descartes, alors qu'on abordait les animaux machines, elle avait dessiné Descartes, qui soulevait la peau d'un cheval, et sous la peau on voyait les rouages, les tuyaux. Ça mettait ainsi en évidence l'idée selon Descartes que les animaux étaient des machines et que le vivant était une machine perfectionnée.", explique Stéphane Marcireau. Pourquoi ne pas illustrer les grands concepts des philosophes par le dessin ? C'est avec l'aide de ses frères, Armand et Jacques-Aurélien, que le projet va décoller. Ceux-ci connaissent Régis Bonnessée, le développeur du jeu Dixit, qui met Stéphane en lien avec Olivier Fagnère, un dessinateur nantais.

Le jeu comme support d'apprentissage

Stéphane Marcireau a d'abord conçu le jeu pour ses élèves de Terminale, afin qu'ils comprennent mieux les notions philosophiques. "Les élèves retiennent mieux quand ils travaillent en groupe et le jeu permet cette interaction. C'est le principe de la carte mentale. Une idée en amène une autre. L'image est construite pour contenir les notions. Cela créé une cohérence globale. Toutes les interactions qui vont se créer pendant le jeu vont être très bénéfiques. Sur une heure de jeu, les élèves retiennent bien plus que sur une heure de cours classiques." Le jeu se focalise sur douze grands auteurs incontournables abordés en cours de philosophie. Les joueurs peuvent se servir des cartes de différentes manières. Il y a neuf jeux différents pour jouer en équipe ou individuellement.

Un jeu multiple

Le premier jeu s'intitule Phil'observation. Il s'agit d'un jeu de questions-réponses, afin d'entrer dans l'univers de l'auteur. Les questions recouvrent toute la carte et permettent d'en parcourir tous les détails. Ainsi les joueurs abordent les concepts philosophiques. La Galaxie philosophique permet de refaire la carte mentale liée à l'auteur. La Réussite cartésienne permet d'associer les auteurs et les notions propres à chaque auteur. D'autres jeux sont plus classiques, inspirés du jeu des sept familles, etc. Le troisième niveau de jeu est basé sur la méthode de la dissertation philosophique. Avec Incarnation philosophique les joueurs posent une question et argumentent en fonction de l'auteur qu'ils défendent. Cela permet au passage de retenir plus facilement les notions dans la mesure où ils les exploitent au fur et à mesure de la partie.

Des actions de communication

Le professeur de philosophie a présenté Philodéfi dans d'autres établissements. "J'ai fait l'expérience avec d'autres collègues. Je suis venu dans leur classe pour faire jouer les élèves et pour leur montrer le jeu." Il s'est ainsi rendu à Melle, à Niort, à Tours et à Poitiers. Le jeu a plu mais il reconnaît qu'utiliser le jeu oblige à repenser la manière de faire cours. Il a eu l'occasion de le présenter à l'académie de Poitiers. Pour l'heure l'institution n'a pas saisi l'opportunité d'adopter ce nouvel outil, pourtant innovant selon son créateur.

Philodéfi, qui se décline sous la forme d'une application mobile, permet de jouer avec les philosophes et leurs grandes notions. Il est possible de se le procurer en se rendant sur le site web. Pour l'heure une troisième édition du jeu est prévue pour la fin de l'année. Stéphane Marcireau travaille également à un Philodéfi Lettres pour permettre aux élèves de réviser de manière plus globale car il estime que la culture générale est un tout.