Oradour-sur-Glane - lieu de mémoire

Oradour-sur-Glane, un lieu de mémoire

Le Petit Reporteur - Découverte - 01 janvier 2021 à 23h40 - Partager sur : Facebook LinkedIn Twitter

Le 10 juin 1944 un détachement de soldats SS massacre les habitants d'Oradour-sur-Glane, un petit village français de la Haute Vienne. Aujourd'hui le Centre de la mémoire garde l'entrée du village martyr. Par un parcours dit d'interprétation et ne présentant ni objet ni collection, les visiteurs peuvent effectuer un cheminement explicite, historique et pédagogique avant d'accéder aux ruines.

Carcasse d'une Peugeot 202 au milieu des ruines

Le massacre

Par groupe de trente personnes, les SS répartissent les 180 hommes et jeunes gens de plus de quartorze ans dans l'un des six lieux d'exécution. Vers 16h, les tirs des mitrailleuses se font entendre devant les lieux de rétention. Marcel Darthout raconte qu'après "[avoir] perçu le bruit d'une détonation venant de l'extérieur, les six Allemands déchargèrent leurs armes sur nous." Ils exterminent ensuite à bout portant quelques-uns d'entre eux et mettent le feu aux corps. Des incendies naissent ici et là dans le village. Le reste des villageois, parqués dans l'église, sont massacré à leur tour. Quelques-uns en réchappent. Ils témoigneront lors du procès des assassins.

Un lieu de mémoire

Le centre de la mémoire est un projet initié par Jean-Claude Peyronnet, président du conseil général de la Haute Vienne. Le projet est engagé en 1992. Le 16 juillet 1999, l'édifice est inauguré. Il sera l'unique accès aux ruines du village martyr. Au niveau de son architecture, le bâtiment est adossé à un talus, s'effaçant ainsi au profit des ruines. La surface vitrée symbolise la campagne paisible et les deux lames d'acier dressées en son milieu matérialisent la rupture du 10 juin 1944 et la violence du massacre.

Le Centre de la mémoire est l'unique accès aux ruines

Le lendemain du massacre, une section revient pour éliminer les corps par le feu. Leur identification n'est plus possible. Cela prolonge la terreur jusque dans le deuil impossible à faire. Le massacre des habitants aura fait 642 victimes. Une trentaine de personnes survivront malgré l'horreur. Avec le temps, le souvenir s'efface. Les derniers témoins disparaissent peu à peu et les ruines d'Oradour-sur-Glane s'émoussent. Le Centre de la mémoire veille au devoir de commémoration.