Dans l'antre du Bouc de Reignac

Dans l'antre du Bouc de Reignac

Le Petit Reporteur - Découverte - 27 novembre 2020 à 22h00 - Partager sur : Facebook LinkedIn Twitter

Située dans le Périgord noir en Dordogne, la maison-forte de Reignac abritait un hôte aux mœurs étranges. Jaquemet de Reignac, le seigneur des lieux, prenait un malin plaisir à faire souffrir d'innocentes victimes dans sa salle de torture aux instruments plus atroces les uns les autres.

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La maison-forte de Reignac
Crédit photo : Ostill

Les murs abritaient un monstre

Situé en Dorgogne, en Périgord noir, la maison-forte de Reignac est le dernier château-falaise encore debout en France aujourd'hui. Située dans la vallée de la Vézère, elle est, au début du XIIe siècle, le théâtre de meurtres sanglants et d'actes violents. La demeure a abrité derrière ses murs Jaquemet de Reignac, à qui les autorités ont fait appel pour arrêter cette vague de terreur. Mais très vite, le mystère se dissipe. Celui qu'on surnomme le Bouc de Reignac, en raison de son appétit sexuel et d'un pacte conclu avec le diable, apparaît comme l'instigateur de ces méfaits.

Une salle de torture

La maison-forte de Reignac renfermait dans ses entrailles une salle de torture. Ici se trouvaient différents instruments. Parmi eux, le berceau de Judas, où la malheureuse victime était assise sur la pointe de la pyramide située au sommet de l'instrument. Sous l'effet du poids de la victime, la pointe s'enfonçait plus profondément dans l'anus, le vagin, sous les testicules ou la base de la colonne vertébrale du supplicié. Le brise-crâne, une sorte de casque hérissé d'aiguillons, entamait les chairs à mesure que le bourreau resserrait la vis placée en son sommet, allant jusqu'à détacher la calotte crânienne. La vierge de fer, un classique, était une sorte de sarcophage présentant des pointes à l'intérieur. À mesure que le bourreau refermait le sarcophage, la victime se voyait transpercée plus profondément dans ses chairs. La chaise de l'inquisition, quant à elle, présentait des aiguillons de part et d'autre sur lesquels les membres reposaient. L'affaissement du corps faisait pénétrer les aiguillons plus profondément. Le bourreau, s'il était plus cruel, pouvait augmenter le supplice en donnant des coups sur les membres. Le chevalet était une sorte de cheval d'arçon, dont l'assise s'apparentait davantage à une arrête inconfortable et coupante qu'à une monture classique et confortable. Le bourreau disposait des poids au pieds des victimes. Sous l'effet de la gravité, les poids tirait les membres vers le bas. La victime décédait ainsi dans d'affreuses souffrances. Dans le presse-tête la tête du condamné était placée sous un capuchon, le menton au-dessus d'une barre inférieur. Le bourreau actionnait alors lentement la vis placée au-dessus du dispositif de manière à écraser peu à peu la tête de la victime. Quant au supplicié installé sur le siège de putréfaction, il se voyait attribuer une mort très lente. Les corps en putréfaction n'étaient pas toujours enlevés lorsqu'une nouvelle victime prenait place.

En voyant les différents appareils de torture disposés dans cette salle étrange, le visiteur comprend que Jaquement de Reignac prenait un malin plaisir à faire souffrir ses victimes. Ce n'est que tardivement que les autorités comprennent que le Bouc de Reignac est l'instigateur de cette vague de terreur. Il s'enfuit et part en Sicile, non sans tuer auparavant un ecclésiastique de haut rang. Une ultime provocation ! La raison en était simple. Sa mère avait été violée par un prêtre. Jaquemet, né de cette terrible union, avait été élevé dans la haine de la religion. Après son départ, la vallée redevient paisible.

Visiter la maison forte de Reignac, c'est découvrir le dernier château-falaise encore debout en France. Mais c'est aussi partir sur les traces du Bouc de Reignac, ce seigneur aux mœurs étranges. Né du viol de sa mère par un ecclésiastique, il avait été élevé dans la haine de la religion et de ses représentants.

Plus d'informations sur le site de l'office de tourisme Lascaux-Dordogne.